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13 février 2011 7 13 /02 /février /2011 06:24

 

 Voici un peu de lecture ...

Le principe de cette rubrique de mon ancien blog sur Orange était qu'à partir d'une photo prise par moi même et d'un début de texte que je donnais ( en vert ) , que chaque blogueur continu cette histoire au fil de leur imagination .

Le résultat de cette écriture à plusieurs mains ,  l'évasion des mots à partir d'une photo était plutôt surprenante et réussis à mon avis ...

Voici, ici , la 4 ème histoire de cette série .

 Bonne lecture !

 

LIRE  Regard 'Imagine 1    Regard 'Imagine 2  Regard 'Imagine 3 


 


 

   
REGARDE ET IMAGINE une histoire ... ( 4 )



Al'angle de la rue , il venait tous les dimanches matin , lors du marché , accompagné de ses chiens si fidèles ...


 Comme un rituel , il s'installait méticuleusement très tôt  , avant de commencer à jouer ses ritournelles. C'était pour moi, un véritable moment de plaisir que je ne voulais en aucun cas rater. J'avais donc pris pour habitude , .de lui apporter des croissants tous chauds qu'il dégustait avec beaucoup de bonheur, pas besoin de se parler ,  en un seul regard , je discernais son humeur du jour qui allait s'entendre au premier choix des notes de musique sortant de son orgue .
Ce matin là , il était inquiet , quelques tours de manivelles n'avait pas suffit à ce que son orgue nous chante l'Amour dans les rues de Paris  car les chalands se faisaient rares , et son hymne à l'amour ne semblait charmer que les piafs du quartier ! Son esprit vagabondait et il s'imaginait en Amérique latine dans un faubourg populaire où les senteurs exotiques des fruits, des légumes et des épices se mélangeaient aux odeurs des véhicules à moteur dont le bruit l'assourdissait et couvrait les mélodies de sa musique. Personne ne semblait être attentif à ses complaintes d'amour. et il tournait inlassablement la manivelle de son orgue en sachant que plus rien ne serait comme avant .  La crise de la société  le crack boursier , un monopoly grandeur nature qui rendait les gens encore plus avare ou démunis ! Alors , vous pensez les petites pièces jaunes qui lui étaient destinées ont été englouties dans les méandres de la finance internationale . Et oui ! Il était inquiet sur son devenir ,  la chansonnette ne suffisait plus pour survivre comme au bon vieux temps . Naturellement il se mit à me raconter son histoire, comment il était arrivé au métier de chanteur de rue, comment il était libre d'aller et venir là où bon lui semblait .
 Cet homme il avait tout perdu et sa vie,  il ne la souhaitait à personne , "sa vie d'errances " comme il le disait tout le temps, sa vie de solitude malgré la foule de connaissances , ce matin il se rappelait avoir eu une famille . Il se rappelait souvent avec émotion ,  sa petite fille riant aux éclat  , dansant sur ces ritournelles ! Ce qu'il ne savait pas ,c'est que cette petite fille qu'il avait quitté des années plutôt ,pensant faire fortune ...cette petite fille dont la photo jaunie ne quittait jamais la poche de son vieux paletot, c'était moi !
 Ma mère m'avait souvent raconté l'histoire de mon père, elle disait qu'il était fort et courageux d'essayer d'accomplir un rêve si éphémère de mettre un peu de baume au coeur des passants, elle disait toujours qu'il m'aimait et que j'étais dans son coeur, que je pouvais même sentir son amour en fermant les yeux et en y pensant très fort... Et pourtant je l'ai détesté, détesté de nous avoir abandonné et d'être tellement seule... Pourtant en le voyant tous les dimanches ,  j'ai compris... compris que son rêve était plus fort, et plus beau, et que donner du bonheur autour de soi n'est pas si évident mais tellement important pour lui...
Soudain un homme s'arrêta et resta ébahi devant l'orgue, la musique, il semblait revivre et un sourire apparu sur son visage........ Je vis mon père sourire à son tour, riche du bonheur qu'il donnait aux gens, et pour la première fois depuis tous ces dimanches je sentais son regard posé sur moi, je n'osais plus lever les yeux, je me sentais revivre de l'intérieur, j'avais envie de crier :
 Papa c'est moi, là, tu te souviens ta petite fille..." Mais pouvais- je intervenir dans la vie qu'il avait choisie et construite. Pourtant j'avais tellement envie qu'il me serre dans ses bras! ... Il me regarda de façon perplexe et me dit... " Votre visage me semble familier ... On se connaît? ..." Mon sang me vint droit au coeur , une reconnaissance filiale tant espérée et rêvée depuis toute ses années . J'avais du mal à ouvrir ma bouche , à m'exprimer, je cherchais mes mots alors que je les avais répété des milliers de fois dans ma tête . C'était si simple de dire  : " Papa c'est moi , ta fille ..." ,  mais rien de tout cela ne venait . Je balbutiais confuse : " Vous rencontrez tellement de personnes ....Vous devez me confondre avec quelqu'un d'autre ! ". 
 Il resta à tourner sa manivelle et me fixa longuement c'est alors que je vis son visage changer d'expression , des larmes coulaient doucement sur ses joues sur un air si mélancolique qui sortait de cet orgue . J 'en fit autant en le dévorant des yeux , sans mots .Son regard croisa de nouveau le mien et je vis cette lueur dans ces yeux, entre ses larmes. Il se mit alors à passer des notes très familières à mes souvenirs d'enfant , oui ... je les reconnaissais . C'était ma berceuse, celle que maman me chantait tous les soirs. Je su alors qu'il avait compris, qu'il m'avait reconnu, il pleurait toujours mais je sentais de la joie dans ses yeux . Nous nous regardions, nous pleurions mais nous ne prononcions aucun mots ; heureux . 
Tant de fois j'avais imaginé ce moment là , vécu ces instants en rêve, c'était encore plus merveilleux que tous mes songes, il m'avait reconnu et il se souvenait, j'étais présente dans son coeur pendant tout ce temps, sans me rendre compte, presque aimanté par cet homme, je m'étais approché de lui, je le vis porté la main à sa poche, sortir son porte feuille et là tout contre son coeur il y avait une photo de moi, jaunie par toutes ces années, cornée d'avoir été trop regardée . 


 Le dimanche suivant , je lui portais de nouveau des croissants chauds , et  je me tenais auprès de mon père pour tourner la manivelle de son orgue de barbarie , enfin réunis et le coeur allégé du poids de ses années d'absence . Toutes mes rancoeurs semblaient s'envoler au rythme de ses notes de musique dans l'air frais du petit matin .

FIN



Texte inventé à partir de cette photo  par divers blogueurs d' Orangeade , arrangement texte 2verone   , le 28 janvier 2008





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Published by 2VERONE - dans Regard ' Imagine
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commentaires

mediadisc 15/02/2011 03:08



Merci pour le clip "Trash Vortex", j'ai bien aimé! Passe une bonne semaine Vero!  



2VERONE 19/02/2011 10:21



 Merci ....de rien ! Je le trouve sympa aussi ce clip !.... merci de ton message pour mon anniv ! biz a+



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baigner ma peau dans le destin .

 

 

 

 

Je veux être Air ,

 

 

 

 

rester suspendu

 

 

 

 

au dernier soupir .

 

 

 

 

Je veux être Terre ,

 

 

 

 

revenir au recommencement ,

 

 

 

 

à la fin de notre rencontre .

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